#005

Publié le par Stiltifi

Le bar approche. Plus qu’un type qui commande un plat de pates micro-ondées. Pour le petit déjeuner, il attaque fort lui. Oh mais que je vois à l’horizon ? Ma copine la blondasse ! Bizarrement, elle veut reprendre sa place. Peut être qu’elle est allée vérifier dans son carnet de santé si elle était à jour dans ses vaccins. Je ne sais pas quel bout de queue je dois lui montrer. Bon, je suis gentleman quand même. Reprends ta place chérie, comme ça je pourrai de nouveau apprécier ton curriculum.

Elle commande un café et saisit son portefeuille dans son sac doré tout froissé. De son larfeuille, elle sort un putain de billet de cent euros. Le papier vert n’est pas tout seul dans la poche de cuir noir. Une vingtaine de clônes semble se presser pour éviter de se faire déchirer par le zip fatal.

Le barman est gêné. Il ne peut pas faire le point. C’est sur que filer 100 euros pour un café, c’est comme porter une rollex et des ray-ban : c’est limite de l’agression. Une telle somme en liquide ça intrigue, et vu qu’on avait déjà entamé la conversation je lui demande poliment :

« Autant d’argent sur vous c’est… parce que vous n’aimez pas votre banquier ? »

- Plutôt que de déblatérer des sottises à tout bout de champ, vous ne pourriez pas plutôt me l’offrir ce café ?

- Ah ouais ? Et j’aurai quoi en échange ?

- Rien, ce sera la manière la plus aimable de vous faire excuser pour tout à l’heure.

- Ah Non. Ca marche pas. J’aime pas les termes de votre contrat. Et puis je suis pas du genre aimable. Par contre je suis plutôt curieux. Vous êtes une pute, hein, c’est ça ? Une pute de luxe en gros. Une pute de luxe pour gros même. Je suis sûr que vous voyagez en première avec un gros binoclard en costard cravate. »

Je n’obtiens pas plus de réaction qu’à notre dernier entretien. Ah si. Un café brulant dans ma gueule.


Publié dans OK YALTA

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