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  • : S T I L T I F I
  • : __________________________ Illustrations, poésie quantique & heures perdues __________________________ stiltifi@hotmail.com........... 06 88 68 19 35 __________________________ Illustrateur & Plasticien inscrit à la MDA

OK YALTA

Je m'éponge un peu avec la centaine de serviettes papier fournie par le barman mort de rire. Me voilà forcé et contraint de lui mettre une bonne droite dans sa sale tronche de cake pour qu'il devienne à son tour mort de honte. Le fait qu'on soit devenus collègues à l'air de le vexer. Je remets une couche sur son linceul en lui explosant une bouteille de vin, histoire de lui donner le goût de raisin à ce cake. Et voilà le coq en pates micro-ondées qui y met du sien. Bien... lui, il aura droit à une recette au beurre noir.

Reste à retrouver l'autre pute pour friqués. Je marche dans les couloirs d'un air décidé poussant violemment tout ce qui m'empêche d'avancer à un rythme convenablement adapté à mon humeur. Pieds, jambes, bras, têtes, gamins, chiens, chats... La chasse est lancée. Cette pute, je vais me la farcir. Avec des marrons ou pas. J'en ai ma claque d'essayer d'être un gentleman. Ca se voit à ma gueule que j'en suis pas un. Ca se voit tellement qu'elles me prennent toutes pour un sale clodo ignoble qui pense qu'à les baiser. Vu que c'est un fait misandrique, autant l'assumer maintenant.

Je la trouve pas. Je suis parti dans sa direction et je suis au bout du train pourtant. C'est pas possible, elle s'est pas évaporée. Merde, merde, merde, merde... Ca sent pas bon cette histoire.. Ah la vache ! Droit devant moi le contrôleur faussement pd qui débarque avec la paire de cucurbitacés que j'ai cuisinée au bar. Une porte s'ouvre à ma droite. Je m'y engouffre en repoussant la personne qui voulait en sortir, tout en lui mettant ma main devant sa bouche afin qu'elle n'alerte pas le trio qui s'avance dans ma direction.

Tout va bien. En collant l'oreille à la porte des chiottes, je comprends à quel point ils veulent me faire passer un sale quart d'heure, mais au moins ils ne m'ont pas encore repéré. Je me retourne pour voir le visage de la personne avec qui je partage les water closet. La chatte! Je me planque et je retrouve ma planquée, ma petite pupute chérie, mon arroseuse d'orient expresso. Vu nos précédents, elle ne s'est finalement pas tellement débattue. Doit y avoir un truc de connivence dans la planque.


Le bar approche. Plus qu’un type qui commande un plat de pates micro-ondées. Pour le petit déjeuner, il attaque fort lui. Oh mais que je vois à l’horizon ? Ma copine la blondasse ! Bizarrement, elle veut reprendre sa place. Peut être qu’elle est allée vérifier dans son carnet de santé si elle était à jour dans ses vaccins. Je ne sais pas quel bout de queue je dois lui montrer. Bon, je suis gentleman quand même. Reprends ta place chérie, comme ça je pourrai de nouveau apprécier ton curriculum.

Elle commande un café et saisit son portefeuille dans son sac doré tout froissé. De son larfeuille, elle sort un putain de billet de cent euros. Le papier vert n’est pas tout seul dans la poche de cuir noir. Une vingtaine de clônes semble se presser pour éviter de se faire déchirer par le zip fatal.

Le barman est gêné. Il ne peut pas faire le point. C’est sur que filer 100 euros pour un café, c’est comme porter une rollex et des ray-ban : c’est limite de l’agression. Une telle somme en liquide ça intrigue, et vu qu’on avait déjà entamé la conversation je lui demande poliment :

« Autant d’argent sur vous c’est… parce que vous n’aimez pas votre banquier ? »

- Plutôt que de déblatérer des sottises à tout bout de champ, vous ne pourriez pas plutôt me l’offrir ce café ?

- Ah ouais ? Et j’aurai quoi en échange ?

- Rien, ce sera la manière la plus aimable de vous faire excuser pour tout à l’heure.

- Ah Non. Ca marche pas. J’aime pas les termes de votre contrat. Et puis je suis pas du genre aimable. Par contre je suis plutôt curieux. Vous êtes une pute, hein, c’est ça ? Une pute de luxe en gros. Une pute de luxe pour gros même. Je suis sûr que vous voyagez en première avec un gros binoclard en costard cravate. »

Je n’obtiens pas plus de réaction qu’à notre dernier entretien. Ah si. Un café brulant dans ma gueule.


Avant de me tirer de chez de moi, j’aurai mieux fait de boire les deux bières qui me restaient dans le frigo. C’est malin, maintenant j’ai la dalle. Je me pointe au bar du train. Une queue d’au moins vingt personnes. Je demande au barman s’il n’y a pas moyen de patienter en sifflant tranquillement une petite mousse. Tout le monde me regarde d’un sale œil. Ok, j’ai compris. De toute façon j’avais pas envie de boire debout. Vu comment le train se prend pour un paquebot en pleine tempête, c’était un coup à en foutre la moitié par terre.

Dans la queue, la nana devant moi se regarde dans le reflet d’une vitre. Elle a pas l'air mal. Un poil trop grande, un excès de plâtre maronnasse sur la gueule, une blonditude qui ne doit pas être intégrale, mais bon… A défaut d’une blonde mousseuse autant faire mousser une fausse blonde pulpeuse. Son téléphone sonne. Son accent jambon et ses fringues me font bien comprendre que la bestiole est du genre jeune bourgeoise marseillaise du 8ème. Plutôt le genre de nana qui va dans les restaurants ou les boîtes où des gens ont pris le soin de me faire une carte d’anti-adhérent. A Marseille, le téflon ça me connaît et je traîne un paquet de casserolles.

La queue n’avance pas et j’ai une furieuse envie de tirer sur la queue de cheval qui n'arrête pas de bouger devant mes yeux. Ca me rend dingue. Je m’occupe en tapant du pied. La bourgeoise se retourne et me regarde furtivement, l’air agacé. Bon. Je vais taper en rythme alors si elle est pas contente. Elle se retourne à nouveau et me fixe du regard. Son gloss vulgos commence à bouger :

« Vous avez du dentrifrice sur le coin de la bouche monsieur.

- Ah ça ? Non, non... c’est de la bave. J’ai la rage. J’avais justement envie de vous mordre. C’est possible ? »

Là-dessus, je constate que la peroxydée n’a pas un panel d’expressions très étendu. Pas un sourire. Pas même un rictus de dégoût. Nulle. Et en plus elle se casse. Bon débarras, ça me fait deux minutes de gagner sur le ravitaillement en bulles.


Ah, mon pote le contrôleur. Pas l’air bien frais lui aussi. Un coup de pince… Putain mais ce con vient de me poinconner mon billet par un trou en forme de cœur ! Je me disais bien que le rose de son uniforme était louche. Je commence à avoir un sérieux doute sur cette journée qui continue sous le signe des baltringues. Je vais dormir une ou deux heures, hein, et ce sera une nouvelle journée qui commence.

Forcément pas moyen de dormir, y a le poinçonneur des lilas roses qui commence à faire brailler la jolie maman. Bon ok, elle a pas son billet, et alors ? C’est pas une raison pour foutre en l’air mon roupillon. Le voilà qui la trimballe devant la porte des toilettes. Là forcément je reste attentif, ça peut virer mâle cette affaire. Ca gueule, ça gueule, et les gosses commencent à chialer. Ils viennent voir leur mère en furie. Elle les ramène à leur place, leur met à chacun des écouteurs dans les oreilles, puis retourne voir l'autre zigue.

Je continue à observer la scène. L’homme à casquette pousse la tigresse à l’intérieur des chiottes, et là je suis pas bien sûr que ce soit pour lui montrer ce qu’il cache sous sa casquette. Heureusement que les gamins tournent le dos à cette scène. Et moi qui tout à l’heure m’inquiétais injustement sur le fait de tourner le dos à cet entreprenant contrôleur.

Les voilà qui sortent. Deux minutes top chrono. Et bien, je ne sais pas trop ce qu'ils ont foutu mais ça n'a pas duré bien longtemps. Une envie de pisser en somme, et cette parade matinale m’a surtout donné l’envie de ne plus dormir. Elle m’a surtout donné l’envie de faire comme le mec à casquette. C’est saugrenu d’exciter les gens comme ça dès le matin, de réveiller à froid les envies sobres et nues.


Je monte l’escalier monumental qui mène à la gare. Les deux lions tournent toujours le dos au vieux port et à la bonne mère. Ils s’en foutent de la mer et de la mère de Jésus. Ils entravent que dalle à Jésus, alors que des centaines de wagons remplis de chair fraiche, là ça vaut le coup de croire que de se déguiser en statue et de ne pas bouger pendant deux trois heures ça va tromper la proie.

L’homme est bien le seul con à coire que sa proie est forcément un ennemi. Et c’est aussi bien la seule andouille à s’auto-bouffer la gueule, bien souvent d’ailleurs pour des histoires de vieux porcs périmés ou de vieilles truies calcinées par leur queue en tire-bouchon ?

Je monte dans le train et je repense à cette sale blague du curé qui bouffait un jésus de Lyon dans sa chaire... Dans le train : Nobody. Un drôle de train genre buisness affaire mais catégorie Leroy-merlin. Déguain. Si, une black avec deux mioches un peu pd. A six ans ça se devine ça. Un des deux frères prendra le dessus sur l’autre. Et là, paf paf domination sexuelle, soumission, et puis ça finit dans des boites sado-masos à 25 ans. Le même scénario que pour mon père et son frère : résultats deux vieux branleurs en train de s’échanger des vidéos de cul les plus dégueux et de se pignoler dans leurs salons, alors que leurs nanas respectives rêvent encore au prince charmant allongées dans leurs lits droguées de calmants, d’anti-depresseurs, et autres absurdités.

 

Cinq heures du matin. Merde, j’ai encore dormi cette nuit. Je hais cette fâcheuse tendance à avoir la tête dans le gaz lorsque je me réveille. Cette fâcheuse tendance qu’a l’inconscient d’expliquer à mon conscient un peu con qu’il a fait des trucs géniaux toute la nuit dans mon dos. Je dévale les escaliers de l’immeuble et je file en direction de la gare. Les travlots bossent encore à cette heure. Une de ces vilaines tarlouzes remonte un peu plus sa mini-jupe laissant entrevoir un slip blanc lasséré dans un espèce de filet de pêche trop petit. Les pneus d’une bagnole un peu énervée crissent net devant l’androgyne bidon. Belles traces. Elles me rappellent le fond de la culotte de cette bite nique qui passait ces journées à s’en foutre plein le pif. Je lui avais proposé de se faire sponsoriser par Hoover, mais elle préférait taper dans les aspirateurs sans sac. En tout cas elle se génait pas pour me taper cent sacs par ci par là. Une hystérique cléptomane. Il a bien fallu que je la tape pour de bon un soir. Y a huit jours. Sa raie mineure qui frottait les touches du piano, par si par la, m’avait rendu cinglé. Le lendemain, je clavardais avec mon pote Henry et on était ok pour aller se taper des vraies putes officielles en Ukraine. D’accord pour Yalta même.


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